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* Réflexions.

 

En considérant le contexte actuel dans le secteur religieux, je me permets cette réflexion.

AJ Bordeleau.

 

 

Du cultuel au culturel.

 

Dans le contexte de la décroissance progressive de la pratique religieuse au Québec, il est facile de constater un mouvement social et économique qui amène à une ré-évaluation de l’avenir dans ce contexte.

Je pense que dans beaucoup de villes nous sommes à faire le bilan des lieux de culte qui seront appelés à conserver et à mettre en valeur et à déterminer les lieux qui changeront de vocation. Parmi les lieux cultuels à mettre en valeur dans notre ville, je crois que le nouveau concept culturel de Divins détours offre un bel exemple de l’orientation que les Fabriques devraient considérer. Les 4 églises qui font déjà partie de cette promotion touristique sont Notre-Dame-de-la-Présentation, l’église St-Pierre, l’église St-Paul et l’église Ste-Flore.

Ce sont des églises que le secteur culturel de la Ville de Shawinigan devrait inclure dans leurs éléments économiques via le volet historique, religieux et culturel à cause de la décoration réalisée par des artistes hors pairs tels que Ozias Leduc, Guido Nincheri, Louis-Eustache Monty. Également avec des attraits « pauses gourmandes », « haltes zen », je pense sincèrement que les Fabriques devraient trouver le moyen d’avoir un poste permanent pour un agent promoteur de ces lieux de culte qui lentement migrent vers le secteur culturel-religieux.

Une mutation du cultuel au culturel….en maintenant et en développant le patrimoine et le tourisme religieux.

Merci à France St-Amant d’avoir mis en route ces « Divins détours ».

C’est mon opinion.

 

ajb

 

 

 

Pas facile de trouver son identité comme individu et aussi comme peuple ou nation. Dans le temps avec les grandes familles québécoises de 8-10-12 enfants et quelques fois plus, les racines étaient plus faciles à identifier. Aujourd’hui, avec les petites familles, les familles éclatées, les parents mono parental, les immigrants, l’étalement des familles dans plusieurs villes sinon plusieurs pays…Pas facile !

Également au niveau du peuple québécois qui tente d’établir une charte des valeurs en 2014 après tous les bouleversements historiques qui ont façonnés notre jeune histoire depuis la fondation en 1608.

« Être colonisé, c’est ne pas être maître de soi »

Pas facile de se sortir de 3 carcans de colonisation. D’abord la France, qui pour la religion et la fourrure ont implanté ici des soldats et des familles sur les terres déjà habitées par les autochtones. Les rois d’Europe jouaient à la guerre dans leur pays et les territoires colonisés devenaient des monnaies d’échange pour leurs victoires ou leurs échecs militaires. Un traité nous vendait, un autre nous rachetait selon que les reines mettaient leur roi en échec. Et, pendant ce temps, dans les colonies les habitants tiraient le diable par la queue.

La bataille de 1759 sur les Plaines d’Abraham a marqué le cession de la Nouvelle France aux Anglais de l’Empire britannique. Un bon pas en arrière. On recommence. On supplie. Les anglais nous font peur. Ils donnent des bonbons, protègent les vire-capots et font rentrer les rebelles dans les rangs. Une vraie rébellion se produira en 1837-1838 qui sera radicalement matée. En 1840, dans son rapport, Lord Durham viendra dire que nous sommes un petit peuple sans culture. Lentement, les stratèges, les structures nous canaliserons vers l’assimilation. La confédération isolera les québécois majoritairement regroupés dans une province. Du Pacifique à l’Atlantique ou d’une mer à l’autre une nation submergée tentera de se protéger du mieux qu’elle pourra. Je pense qu’avec le fédéralisme, cette colonisation ou tentative d’assimilation dure toujours.

Et la troisième colonisation c’est celle des partis politiques qui s’amusent à se partager le pouvoir pour se servir au lieu de servir le peuple. Non, vraiment ça n’a pas été facile et les prévisions sont ne sont pas roses avant que la population reconnaisse son histoire, son cheminement, ses valeurs, ses visions économiques et culturelles pour aller au delà des partis manipulateurs. René Lévesque a semé dans les années 60 le réveil de cet engagement pour se bâtir une place. Le parti québécois tente depuis des décennies de regrouper toutes les forces nationalistes qui marquent nos différences, nos qualités, nos possibilités, notre entrepreneurship, etc. Mais n’ayant jamais été indépendant, ce sont les étrangers qui sont venus exploiter, transformer les minerais, la forêt, le territoire pour le vendre aux autres et nous le vendre aussi. Nous avons fait une bonne chose, nous avons nationalisé la gestion de l’hydro énergie. Cependant, cette institution Hydro-Québec, ne semble pas très bien administrée.

Moi, je pense bien que le peuple québécois possède toutes les qualités pour se diriger lui même. Un jour, nous pourrons faire de ce territoire un pays avec tous les citoyens qui trouveront la solidarité de conserver et protéger des valeurs qui nous identifient : territoire, ressources, histoire, une langue, une culture, un patrimoine humain, une expertise remarquable dans plusieurs domaines, etc.

En attendant, le 7 avril 2014, allez voter. Réfléchissez. Consultez votre histoire. Connaissez vous. Sûrement qu’un moment donné vous allez sentir que vous faites partie d’un peuple qui peut et qui, un jour, voudra se reconnaître comme différent et capable. Semez des « je » pour devenir un grand « NOUS » qui se diront « OUI » pour un pays à notre mesure.

La semence est là depuis longtemps. Comme dirait Pierre Falardeau: « Les bœufs sont lents mais la terre est patiente». Dans mes mots, je dirais : L’histoire est lourde mais l’espoir donne des ailes.

J’espère que dans le « fond », vous allez gagner vos élections.

André-Jean Bordeleau, Shawinigan. 5 avril 2014

 

         De ce temps-ci je fais un peu de généalogie. Pour savoir un peu d’où l’on vient et où on va. Pour connaître mon identité et mes valeurs. Les familles de mes deux grands parents comptaient chacune plus de 8 enfants. On parle des années 1900. Même chose du côté de mon épouse. Dans nos familles, nos parents ont élevé huit enfants (1925). Maintenant les familles ne comptent que deux ou trois enfants.

À cette époque et jusque dans les années 70 le soutien communautaire était l’affaire des familles nombreuses et pour les quelques cas plus difficiles l’affaire des paroisses. Corvées, entraide et services étaient un devoir religieux de partage et de solidarité de village. On exigeait peu et on s’accommodait de tout.

Le Centre  d’action bénévole a d’ailleurs été fondé en 1970 pour commencer à regrouper les services à rendre à la population qui devenait de plus en plus susceptible de ne plus pouvoir faire face à ses besoins matériels. Et, ici à Shawinigan c’était le début du déclin industriel. Lentement les gens se sont mobilisés. Les femmes particulièrement allaient prendre la rue pour que le gouvernement se préoccupe de cette dimension communautaire.

« En 1995, la Marche des femmes « Du pain et des roses » et le Sommet sur l’économie et l’emploi, en 1996, initient ce qu’on appellera la nouvelle économie sociale. Ces événements contribueront à obtenir une reconnaissance officielle du gouvernement3. Le Sommet sur l’économie et l’emploi organisé par le gouvernement du Québec avait alors pour but de relancer le devenir social et économique. C’est à ce moment que l’économie sociale a acquis une reconnaissance gouvernementale importante. Dans la foulée de ce sommet naît le Chantier de l’économie sociale, dont la mission est de promouvoir l’économie sociale comme partie intégrante de la structure socio-économique du Québec. Ce nouveau groupe de travail a produit un rapport en 1996 : Osons la solidarité 4, qui lui servira de plan d’action pour les prochaines années. »[1]

Donc depuis plus de 40 ans des besoins sont comblés grâce à la bonne gestion des conseils d’administration qui gèrent une équipe de bénévoles qui, avec leurs nombreux comités, allègent le quotidien des gens dans le besoin. Quand on regarde le cheminement de la ville de Shawinigan on voit bien les cycles de prospérité et de décroissance industrielle qui détruit l’économie sociale.

Merci à vous tous les bénévoles qui contribuez à poursuivre ce travail devenu essentiel dans un contexte ou plus souvent qu’autrement beaucoup se retrouvent seuls et sans moyens. Vous illustrez clairement la nécessité que le gouvernement doit favoriser le soutien aux organismes bénévoles dont votre Centre est un des plus beaux exemples au Québec.

L’entraide, la solidarité, le Centre d’Action bénévole font partie de notre identité et de nos valeurs : Protégeons les.

 


[1] Portrait socio-économique des entreprises d’économie sociale de Shawinigan Avril 2010

Le cycle de l’histoire se joue encore à Shawinigan.

Après la ville planifiée par des rêveurs réalistes du début du XXe siècle, avec l’exploitation du potentiel des chutes de la rivière St Maurice. Débuté à Shawinigan en 1900, le harnachement de la rivière s’est toujours avéré prometteur allant jusqu’à encore récemment exploiter un barrage à Rapide des Cœurs (2008). Il y a environ 10 centrales sur cette magnifique rivière de plus de 500 km. Et, tout cette engouement allait créer un creuset impressionnant d’industries créatrices d’emplois et de commerces.

Aujourd’hui avec la facilité du transport de l’énergie électrique les industries sont parties et les villes se sont tournées vers l’histoire et le tourisme pour faire revivre ces belles pages de notre passé.

En 2002, le cœur de Shawinigan s’est mis à battre au rythme de six pontages avec l’annexion de ses municipalités avoisinantes. La rivière est dépolluée et les plaisanciers s’amusent au fil de l’eau joyeuse. Un pylône de transmission électrique est devenu la Tour de la Cité de l’Énergie. Le Plan I de l’Alcan, Espace muséal attire les touristes qui viennent de partout. La Wabasso a été recyclé en Centre d’entreprenariat. L’Assembly Hall s’est transformé en salle de spectacles, en hommage à Francis-Brisson. Etc. . Et, Shawinigan renaît……

Espérons que les bâtisseurs actuels sauront retrouver le chemin de la prospérité pour les années à venir. Et. juste pour terminer sur une note historique remontant à l’époque de notre calendrier actuel, je fais une possible connexion avec ce que disait César  à son peuple romain : «  Du pain et des Jeux ». Ici, à regarder ce qui se brasse en ville, le maire Michel Angers pourrait dire : De la bière et des Jeux (numériques) », en rapport avec l’effervescence des micros brasseries et l’animation de la station numérique du Centre d’entreprenariat.

Une vision que le député Trudel a déjà imaginé en voyant Shawinigan comme pouvant devenir le « centre du monde ». Pourquoi pas l’Empire de Shawinigan. Le monde de Jean Chrétien est déjà exposé à Espace Shawinigan. Peut-être que l’ancien Premier ministre pourrait faire un autre cadeau à sa ville natale pour son 80e anniversaire !

Il faut être rêveur, optimiste et réaliste.

André-Jean Bordeleau, Shawinigan, secteur Sud.

             Les 24 décembre se suivent mais ne se ressemblent pas. Hier, circonstances obligent (voyage des uns, maladies des autres, événements multiples, etc. ), je me suis retrouvé libre autour de 21 h 30.

L’occasion était belle pour renouer avec la tradition de la Messe de Minuit dans la paroisse qui m’a vu naître en 1940. La magnifique petite église, cachée dans le flanc d’un coteau, mais dominant la rivière St Maurice en face de Shawinigan. Notre-Dame de la Présentation. Mission en 1910. Paroisse en 1914. Décorée par Ozias Leduc entre 1942 et 1955. Que de souvenirs qui surgissent dans ma tête en regardant les tableaux marouflés qui racontent notre histoire, comme les vitraux le font dans d’autres églises.

En avant dans le choeur les personnages de Melchisédech et d’Abraham et au centre, magistrale, la Trinité, avec Dieu le Père qui, bras ouverts, nous accueille en présentant son Fils, cloué sur la Croix avec au dessus la colombe de l’Esprit.

Derrière la croix une ouverture qui ressemble au passage d’un vagin pour illustrer la petite phrase en latin qui est juste en dessous : « Aujourd’hui je t’ai engendré »

À gauche au dessus de l’autel de la vierge c’est l’Annonciation tandis qu’à droite au dessus de l’autel de St Joseph c’est la Sainte Famille.

Dans la nef, côté gauche trois tableaux Le bûcheron, Jacques Buteux et les chutes, et le Semeur.

Côté droit Les ouvriers de la Belgo, au Centre Jacques Buteux le missionnaire, et des ouvriers de l’aluminium.

En me retournant vers le jubé, sur la gauche La tentation d’Adam et Ève et sur la droite la tentation de Jésus au désert.

Et au plafond au dessus du choeur La présentation de Marie au temple et à l’arrière au dessus de l’orgue l’Assomption de Marie (cette toile fut réalisée par Gabrielle Messier assistante de Leduc qui venait de mourir en 1955.

Peints dans les années 40 et 50 du siècle précédent, nous constatons dans les œuvres les visions historiques de la vallée de la St Maurice qui devenait le lieu d’une croissance industrielle qui allait faire de Shawinigan un centre d’intérêt national. Mais, nous devons également constater le déclin de l’essor industriel. Fermeture de la Belgo en 2007 et de Rio Tinto (Alcan) en 2013. Dans la vision que Leduc avait passée dans le passage de Jacques Buteux à Shawinigan….les fumées de l’Aluminium tout au sommet de la toile illustreront bien les années de gloire que la fumée projetait au dessus de la ville.

Quand on regarde le Bûcheron et le Semeur nous ne pouvons nous empêcher de voir l’évolution de ces deux secteurs ( défrichage et culture de la terre) avec les machineries monstrueuses qui mangent nos forêts et avec les OGM et les engrais qui font pousser n’importe quoi n’importe où…. pendant qu’encore aujourd’hui des gens crèvent de faim!

 

Durant le mini concert d’accueil qui précède la messe la chorale interprète les chants de circonstances. Le célébrant accueille gentiment les arrivants qui s’installent dans les bancs en jasant un peu car je constate que plusieurs sont en visite et qu’ils retrouvent la parenté et rafraîchissent leur reconnaissance des toiles de Leduc.

Les deux aiguilles se croisent à l’horloge. Les premières notes retentissent à l’orgue du jubé et la voix forte de mon homonyme André Bordeleau entonne le Minuit Chrétien. Wow! Dans ma pensée se bouscule d’autres personnages qui marquèrent les Noël d’antan : le maître de chapelle Edgar Hogue, l’organiste Mme Jeanne Veilleux et la voix de Raymond Hogue qui entonnait le chant mythique de la nuit de Noël. Wow!

 

L’église n’est par remplie. Le sapin et les cadeaux ont aujourd’hui préséance. Ce n’est plus les enfants qui dorment avant d’aller à la messe de minuit en famille pour ensuite célébrer le réveillon avec la dinde et les chansons à répondre. Il y a tout de même quelque 200 personnes qui sont venues pour célébrer la naissance du prophète de la Bonne Nouvelle. C’est l’abbé Edmond Laperrière qui célèbre. Il n’est pas jeune. Il a dû faire sonner son horloge plus de 80 fois.

 

Il renouvelle le message de Paix et d’Amour que la Fête de la naissance du Christ transporte depuis plus de deux mille ans. Message toujours d’actualité à travers la mauvaise gestion des messagers. Pour moi le message est toujours bon et m’interpelle quotidiennement. Mais ce sont les messagers qui ne sont pas toujours à la hauteur.

En fait, le message c’est l’espérance d’un monde meilleur dans la foi éventuel de l’atteinte de l’objectif de Paix et d’Amour dans la charité et le partage.

 

Ce que je vous souhaite à chacun de vous.

 

De bonnes et belles réflexion en cette période propice à un approfondissement spirituel.

 

* Je suis bien content d’avoir retrouvé ce moment de tradition dans cette ère dite « d’évolution ».

 

ajb 25-12-2013

 

 

         Environ une semaine avant Noël, avec ma conjointe nous circulions sur la rue dans notre secteur de Shawinigan Sud. De l’autre côté de la rue principale il y de l’agitation, un homme vient de s’effondrer sur le sol en bordure du trottoir sur le coin de la rue.

 

Nous accourons et constatons que l’homme est agité et qu’il a la face dans la neige.Plusieurs regardent impuissants devant cette situation. Une personne est en contact avec le 911 pour de l’aide. Il répond aux multiples questions et donne de l’information sur l’état du monsieur. Il s’agit d’un homme dans la cinquantaine et de bonne stature. J’aide à le retourner sur le dos. Il respire difficilement, écume à la bouche . Là, une jeune dame, une infirmière de l’hôpital régional qui était dans les parages prend le contrôle de la situation. Elle garde contact avec le patient… « Monsieur! Monsieur! ». Il cesse de respirer. Il n’a plus de pouls. L’homme est dans les vaps! Elle pratique le massage cardiaque à plusieurs reprises. Le pouls revient. Il respire. Des gens apportent des couvertures pour le couvrir car il fait autour de -12 C. On le réconforte mais il est inconscient.

 

Les ambulanciers arrivent. Le monsieur est debout. Il est confus. Il est placé sur une civière. Je crois que l’homme a fait une crise d’épilepsie. Il fera un court séjour à l’hôpital et retournera chez lui pour célébrer Noël. Ce fut je pense l’histoire de 15 minutes qui auraient pu être fatale sans la présence et l’action de « cet ange. »

 

Il vient de recevoir son cadeau de Noël de la part d’un ange qui lui a redonné vie.

 

En son nom, je veux dire Bravo et Merci à cet ange inconnu qui passait par là.

 

 

André-Jean Bordeleau, Shawinigan Sud.

Pour vivre vieux !

                 J’ai un voisin. En fait, j’en ai plusieurs mais ils ne ressemblent pas à celui dont je veux parler ici. De ma grande fenêtre avant je vois sa demeure. Sa maison ressemble à un devant de chalet suisse avec un toit quelque peu prolongé et avec la neige, il ne manque que les montagnes.

C’est sobre presque pas pour ne pas dire sans décoration floral l’été ou lumineuse l’hiver. Propre et bien entretenu. Je crois qu’il travaillait chez Hydro Québec car il a gardé son manteau sécurité et son chapeau qu’il porte à l’occasion s’il juge que la sécurité est en jeu. Je suis certain qu’il devait être un employé consciencieux, super prudent qui n’a pas dû avoir beaucoup d’accidents de travail. Pas grand monde qui entre là. Il fait ses affaires et ne s’occupe pas de celles des autres. Je ne sais pas s’il a une opinion sur ce qui se passe dans les échelons supérieurs.

Bien que vivant en ville…faut dire que Shawinigan Sud est une belle petite ville tranquille, qui ne ressemble pas du tout à ces grandes cités super actives et survoltées. Il vit comme dans un petit village.

 

* Correction : Shawinigan Sud, ville faisant anciennement…avant 2002 fait maintenant partie de la Grande agglomération de Shawinigan qui compte sept municipalités regroupées pour une population d’environ 50 000 habitants étalés sur un grand territoire nord-sud, qui va de Mont-Carmel jusqu’au Parc National de la Mauricie et pour l’axe est-ouest du Lac à la Tortue jusqu’à St-Boniface. La rivière St Maurice touche à presque toutes les villes fusionnées sauf celle de St Gérard des Laurentides qui elle est traversée par la Rivière Shawinigan.

 

Je reviens à mon voisin. Ce matin, lendemain de tempête, il fait encore -20 C, le monsieur s’occupe à souffler la neige…je dirais s’amuse avec son jouet à projeter cette poudreuse le plus loin possible sur son grand terrain qui lui permet cette fantaisie. Je regarde cette homme, qui contrairement à moi, semble capable de rester à la maison et s’occuper à toutes sortes de menues tâches qui font son quotidien.

Il n’y a pas très longtemps la neige il la pelletait ou la poussait avec son traîneau à neige. Patiemment, doucement sans faire trop d’efforts il nettoyait le devant, le côté, l’arrière de sa maison. Il poussait la neige loin sur son terrain vacant. Chaque jour il en faisait un peu.

Il s’adapte… mais lentement. Je dirais que c’est l’âge qui lui donne la permission de se faire un cadeau mécanique pour pouvoir encore longtemps profiter du plein air. Il est certainement un octogénaire.

Il chauffe au bois. Du bois qu’il se fait livrer mais qu’il coupe en plus petites bûches, qu’il corde proprement au fond de sa cour.

L’an passé, je l’ai vu, jour après jour, dessoucher un tronc d’arbre en façade de sa maison. Quotidiennement avec sa hache il coupait les racines et vérifiait la mobilité. Le soir, il nettoyait les copeaux, rangeait ses outils et pensait à sa prochaine étape du lendemain.

 

L’automne, il ramasse les feuilles, il taille sa haie, calfeutre ses fenêtres ou les recouvre de plastic, etc

L’été c’est les retouches de peinture sur les galeries, la tonte fréquente du gazon, l’entretien de son camion et de sa vieille voiture 1985, un Grand Marquis de Mercury, rutilante comme une belle d’autrefois qui refuse de vieillir, etc.

Il ne semble pas porter sur les fleurs parce qu’il n’y a aucune plate bande qui orne son environnement.

 

Une fois je suis allé chez lui à la suite d’une rencontre fortuite pour moi…mais pour lui, je dirais calculée, car je passe régulièrement devant chez lui en prenant mes marches santé. Toujours est-il que j’ai été invité à rentrer….par la porte arrière qui donne dans le sous-sol, où je dirais qu’il a son « coin ». Tout est super rangé…étagères, établi, outils, et table de lecture etc. Je ne me souviens pas d’avoir vu un radio ou une télé. Un poêle à bois siège dans le milieu de la place comme un roi Soleil qui réchauffe son royaume. Il m’avait invité pour me remettre une vieille photo historique dont je ne me rappelle pas le sujet. J’étais comme le transit pour la remettre à la Société d’histoire locale.

 

Le Monsieur dont je connais la famille est, comme moi, originaire d’Almaville en Bas, un beau petit village en bordure de la rivière et, qui, dans les années 50, années de mon enfance, possédait tous les services dont une communauté avait besoin, sauf bien sûr les grands magasins « virtuels » de l’époque…Eaton et Sears qui offraient leurs marchandises via les catalogues.

Son père était propriétaire de la « pool room » , petit commerce de salle de billard avec des friandises, de la crème glacée et une chaise pour le barbier. C’était la première place pour les gars!

 

C’est certainement à cause de ce lien que j’ai pu avoir accès à ce contact avec ce petit homme retiré et discret.

Son comportement me ramène à des films anciens genre Manon des Sources, réalisé par Claude Berri (1986) d’après un roman de Marcel Pagnol, ou bien les romans de Giono dans les campagnes profondes de la Provence. Tu vis un quotidien collé à ton environnement immédiat avec les objets, la terre, les gens, les institutions qui vivent avec toi en dehors comme en dedans. Des situations faciles, habituelles, non stressantes et qui te permettent de vivre longtemps, longtemps sans que le temps t’attaque trop vite.

 

Un genre de simplicité non volontaire qui s’incruste dans tes comportements comme une respiration équilibrée sans soubresaut.

 

Il faudra qu’un jour je le rencontre et que je parle avec lui pour mieux comprendre ce cheminement que je trouve quelque peu hors contexte par rapport au tourbillon moderne des appareils électroniques qui, bien qu’elles nous permettent d’être en contact avec le monde entier…. nous isolent derrière les écrans de toutes sortes : télévisions, I Pod, I Touch, I Pad, I Phone, etc.

 

Seul dans une multitude ou seul dans sa solitude et heureux ?

 

 

ajb

 

Une fois par année ou encore moins…je prends un numéro. Ça se passe à l’hôpital régional dans mon coin en Mauricie.

Le service le plus en demande se déroule particulièrement le matin entre 7 heures et 8 heures. Après le stationnement, la marche vers l’entrée, les portes coulissantes, tu te retrouves devant une distributrice à ticket, qui, lorsqu’elle est seule, non accompagnée d’une bénévole se fait très discrète au point que certains arrivants se cherchent un siège en passant devant avant de se demander :  « Comment ça marche ici ?…. ».

Généralement, les gens ne sont pas parlant. On vient de se réveiller. On n’a pas encore parlé à personne, on est inquiet, on aime pas se soumettre à des tests, etc. Après avoir vu quelques personnes se lever pour aller aux postes de triage tu veux savoir comment ton tour va arriver.

« Mais, vous n’avez pas de numéro…. »

« Allez vous chercher un ticket à l’entrée de la salle d’attente »

« Ah ben, tabarnacle !»

Pour lui, la journée commence mal!

 

Ce matin là, moi je fus chanceux. La bénévole était là et elle m’indique gentiment de presser sur le A pour voir mon numéro, ce sera le A 59. Juste derrière moi, j’entends une voix lancer : « J’en veux quatre », et la bénévole de se demander si elle est en train de vendre des cartes de Bingo ! L’autre de répondre : « Nous sommes quatre et je prends les tickets pour chacun ». Et, ces quatre fêtards s’installent pas loin de moi pour continuer leurs conversations méli-mélo sur n’importe quoi. Trois femmes et un homme avec une tuque branlante sur une boule pas trop allumée.

 

Sur l’écran j’ai vu A 36. Ça risque d’être long…mais j’aime ça à l’occasion, observer et me laisser aller à l’ambiance de foire qui anime ces zones publiques achalandées. Des enfants avec des parents, des jeunes hommes et jeunes femmes, des adultes et beaucoup de personnes âgées qui viennent pour un contrôle santé. On y lit l’impatience, la patience, l’inquiétude, l’intolérance, etc. Et, à chaque instant presqu’au rythme d’une horloge, une place se libère et une petite sonnerie fait lever les yeux de tout le monde pour regarder le tableau de triage qui divise les services sur une échelle des lettres de A à F selon les types d’examens médicaux. On regarde la lettre et on jette un coup d’oeil sur l’élu qui se dirige vers l’avant avec sa feuille, ses cartes et souvent son petit pot d’urine. « Oups, Monsieur, vous avez oublié quelque chose sur votre siège. »

 

Il doit bien y avoir une cinquantaine de personnes ramassées dans cette petite salle….quelques uns restent même debout à l’entrée pour attendre leur tour… ceux qui sont des cas urgents, des bébés, des vieillards ou je ne sais quoi.

L’équipe joviale du bingo diffuse leurs dialogues pour tout le monde. Ici, dans ce local, il n’y a pas d’appareil télé. C’est une télé réalité en direct, juste un poste sans contrôle à distance. À l’occasion ça fait sourire, ça détend. Puis, on regarde la clientèle : la jeune fille au téléphone cellulaire qui texte au lieu de parler…elle est discrète ….elle! Une femme a amené son tricot. Puis la vieille dame qui, inquiète, questionne sans arrêt son accompagnatrice, qui généreusement, patiemment la sécurise et la rassure. Y’en a quelques uns qui ont vraiment l’air malade, fatiguée, usée, presque rendus au bout du rouleau.

 

Et dans l’espace d’une heure tout ce beau monde se retrouve dispersé dans l’hôpital pour leurs différents examens. Plusieurs dont moi, se retrouveront un peu plus loin, dans un corridor, pour les prises de sang avec encore un numéro qui s’avère être le même qu’au poste de triage. Sur l’écran, je lis A 47. Dans la salle des aiguilles, il y a quatre ou cinq infirmières qui piquent ce matin… Le sang coule à flot dans les petites seringues. Ma piqueuse est jeune et gentille. Elle ne me pique qu’une fois ayant vite trouvé la veine dans le creux de mon coude droit. C’est fini. Bonne journée.

Il ne reste qu’à espérer que cette collecte d’infos biologiques ne contienne pas de mauvaises nouvelles.

 

Une heure et demi plus tard je me retrouve à la maison pour me préparer un bon déjeuner…

Imaginez, j’étais à jeun depuis 20 heures hier soir. 

 

Shawinigan a cessé de fumer !Image

Anciennement, avant les verts, la prospérité passait par le côté populaire inventé par la grosses compagnies qui s’en servaient à toutes les sauces dans leurs images de publicité.

L’homme riche était gros, et fumait le cigare, les filles étaient attrayantes et elles fumaient la cigarette. C’était le début de l’ère de la consommation. Les industries polluantes s’installaient dans les villes, les cheminées crachaient leur fumée dans l’environnement. C’était signe de prospérité et de richesse.

Les salaires étaient alléchant et permettaient l’achat de différents produits pour les familles.

Une grande période industrielle a permis à Shawinigan d’avoir une place enviable au Québec et même au Canada. Mais usure et nouvelle technologie allaient lentement démanteler cette structure de prospérité.

Et, présentement, Shawinigan touche le fond de cette grande période.

 

Après la nostalgie en papier de la Belgo il y a six ans, une autre des mères nourricières de notre ville rend son dernier souffle ces jours-ci. Ce matin le long de ma promenade quotidienne (ou presque), en cette belle journée de fin de novembre où le soleil se force pour réchauffer l’air froid nordique qui s’amuse à jouer sous zéros particulièrement durant la nuit, je m’arrête encore, comme toujours, sur le Belvédère Lambert qui domine le serpentin de la Majestueuse Rivière St Maurice avec en arrière plan le coeur de Shawinigan, avec au nord les grandes cheminées des salles de cuves du Plan 2 de l’usine d’aluminium Rio Tinto anciennement Alcan.

Les langues de fumée blanche se couchent lentement vers l’est indiquant par le fait même que le vent est faible et qu’il vient de l’ouest marquant ainsi l’annonce que la météo des prochaines 24 heures sera favorable. Cela pour dire que plusieurs personnes vont perdre un repère pour la météo locale.

Mais, ce matin, j’ai plus en tête tout l’aspect historique qui se cache derrière ces dernières bouffées des grandes industries qui ont contribué à l’essor de la naissance d’une des grandes villes industrielles de l’Amérique du nord. Le premier lingot d’Aluminium fut coulé ici en début du siècle précédent. Des milliers de personnes ont gagné leur vie et celle de leur famille grâce à cette manufacture. Du coeur de l’espace de la Pointe à Bernard avec ses blocs à appartements,  la ville s’est agrandie de secteurs urbains à des banlieues aux maisons uni familiales. Des paroisses, des églises, des écoles, des commerces ont prospéré avec les salaires que ces grandes industries offraient aux employés.

Aujourd’hui ce sont quelques centaines d’employés qui seront touchés par la fermeture de ces dernières cuves.

Que d’images, de scènes de vie, d’anecdotes, de misères… vont habité la mémoire de toutes les personnes qui de près ou de loin vont se remémorer en souvenir les interactions que cette usine aura eu dans leur quotidien.

L’avenir est maintenant ailleurs et les villes doivent se tourner vers de petites p.m.e qui tenteront de combler le besoin de consommation des citoyens modernes tournés vers les technologies centrées sur les communications et le tourisme.

 

Voici le résumé que Mario Lachance, historien fait de l’Aluminium à Shawinigan dans Le Nouvelliste du 30 novembre 2013 en page 3.

 

22 octobre 1901:mise en opération de 32 cuves Hall para la Pittsburg Reduction Company à Shawinigan.

2 décembre 1901: un chargement de 30 tonnes par pour le Japon.

1919: 720 employés travaillent à la production de 403 cuves.

1941: Construction et mise en opération de l’usine du Boulevard Saint-Sacrement (Plan II)

1945: arrêt de la production de lingots sur le site initial.

1985 : arrêt de la production de câbles sur le site initial.

2007: achat d’ Alcan par Rio Tinto ( La Pittsburg Reduction était devenue Alcoa et Alcan )

2013: fin de la production d’aluminium à Shawinigan.

Hier 25 novembre 2013, c’était jour de cinéma au Beaux Lundis, Place Biermans à Shawinigan. En effet, c’était un « beau lundi » car les organisateurs, c’est à dire les membres du c.a. avaient invité le cinéaste Denis Côté pour venir rencontrer les cinéphiles et présenter son dernier film: Vic et Flo ont vu un ours.

La représentation en matinée était à 15 h. Il a parlé de son parcours, de sa façon de travailler et de sa production. C’est son 7e film. Malheureusement, je ne le connaissais pas. Pour moi, le cinéma est une détente et à la fois une surprise qui peut être agréable ou désagréable. Je le sais à la fin du film.

Dans ce cas ci, je me disais à la fin, qu’une chance que le réalisateur était venu pour présenter son dernier bébé et aussi, nous permettre une meilleure connaissance de sa personnalité.

Un cinéma brut…. image, décor, maquillage… tout est dans la simplicité froide et quelque peu troublante. Si, lui est un grand parleur….ses personnages se limitent à l’essentiel. Je dirais même qu’ils nous laissent avec des poches, des trous, que nous devons remplir. Le cinéaste joue sur la réalité et une autre dimension fantaisiste mais qui nous garde en haleine dans le dénouement qui dans ce cas est brutal mais avec un baume quelque peu apaisant.

Pierrette Robitaille n’y joue pas la comédie ici et, comme le disais le cinéaste, elle a su relever un beau défi.

Je vous invite à vous renseigner sur ce jeune cinéaste québécois qui vient d’avoir 40 ans et qui est prometteur.

Aller sur Google et visionner ce lien. Une petite vidéo qui résume bien son cheminement:

http://www.youtube.com/watch?v=adrSPGR4oEs